Rabbit Hole, survivre puis revivre

Rabbit Hole affiche

Rabbit Hole, sauver par l’amour

Créée au théâtre des Céléstins, cette pièce revêt un thème tragique mais il ne représente en aucun cas la tonalité de l’ensemble. Certes, on y parle d’un jeune enfant mort mais ce dont il est question avant tout c’est surtout du travail de résilience des parents. Comment, ensemble, ils vont vivre leur deuil, et tenter de s’en sortir. Ils ne vivront pas cette tragédie de la même manière et ils n’auront pas le même ressenti face à certains événements : quand l’un restera dans la commémoration permanente, l’autre voudra plutôt se débarrasser de souvenirs, bien trop imprégnés de douleur. Ce combat d’un couple face à la souffrance liée à un enfant n’est pas sans rappeler celui auquel on assiste dans le film La guerre est déclaréele couple incarné par Jérémie Elkaïm et Valérie Donzelli est confronté au cancer de leur bébé et ils en ressortent « détruits mais solides ». C’est immédiatement cette citation qui m’est venue lorsque s’est achevée la pièce. C’est une leçon de courage, mais aussi d’amour et de pardon.

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Rabbit Hole, entre rires et larmes

Heureusement, cette pièce n’est pas larmoyante. A chaque fois que le climat est lourd, des scènes plus légères telles des respirations viennent contrebalancer l’émotion. C’est ce qui est infiniment appréciable dans l’écriture de la pièce et c’est aussi en cela qu’on voit tout le potentiel des comédiens. A commencer par la mère portée par Julie Gayet, sublime et détruite, belle et rebelle. C’est Patrick Catalifo qui incarne son mari, et à qui ce rôle va à merveille tant il est juste et puissant dans son jeu. La sœur de la protagoniste est jouée par Lolita Chammah qui donne un souffle de légèreté à l’ensemble et dont la partition fantasque ravit les spectateurs que nous sommes. Enfin, il y a le rôle de la mère de Julie Gayet, formidable Christiane Cohendy dont le franc parler nous séduit totalement. C’est véritablement la touche comique de cette pièce.

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Julie Gayet, lors d’une rencontre organisée après la pièce, nous a avoué adorer travailler avec ses partenaires et monter chaque soir sur les planches. Elle qui craignait ce retour à la scène nous livre, chaque soir, une belle partition autant qu’elle est une belle personne.

 

Théâtre des Bouffes Parisiens, jusqu'au 31 mars 2019
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