Trois heures avant le début de la représentation de Mc Beth dans les coulisses de la Comédie Française. Voilà pour le pitch, le reste n’est que succession de situations comiques, de personnalités grandiloquentes, immensément drôles par leurs travers et leurs failles.
Le tout forme une comédie à la Française fort réussie, réalisée par Bertrand Usclat et Martin Darrondeau et co-écrit par Pauline Clément qui figure également au casting du film.
Pour sa première mise en scène, Nina (Pauline Clément) doit composer avec les personnalités de chacun, hautes en couleur -on n’en n’attend pas moins de la part de comédiens.
De la Comédie Française : du rire au Français
C’est ainsi qu’on trouve le comédien en apparence sûr de lui-même : Philippe (Laurent Stocker) en imbu roi cocufié par Emilie (Marina Hands) qui fricotte en répètes avec Antoine (Julien Frison). Héloïse (Françoise Gillard), tellement castée sur différentes pièces ne sait ni ce qu’elle joue ni dans quelle œuvre. La doyenne de la troupe, Nadine (Danièle Lebrun) noie son trac dans les vapeurs de beuh et finit par ne plus savoir comment elle s’appelle.
Côté régie, Jacques (Christian Hecq) que personne ne veut lancer tant ses explications sont longues et rébarbatives. Il suffit d’un pourquoi auto-proclamé pour qu’il les donne malgré tout et envers tous.
Au maquillage, une Sephora -Pondi qui porte bien son prénom dans la vie mais qui s’appelle Mélanie dans cette comédie. Justement, elle incarne d’abord une farce, celle de la téléréalité, avant de faire sa place.
A l’accueil, un Guillaume Galienne qui ne badine pas avec la sécurité, mais vraiment pas.
Cette galerie de personnages ne serait pas complète sans le Maître des lieux, un Molière incarné par Benjamin Laverhne (d)étonnant.
Une comédie tambour battant : redoutablement efficace
Parce qu’elle s’inscrit dans un rythme soutenu, parce qu’on suit les 3h qui précèdent la représentation de Mc Beth, la comédie est haletante. Le rythme étant l’un des moteurs du genre, sa galerie de portraits hilarants et les situations auxquelles ils sont confrontés contribuent évidemment à la qualité du film.
« Il y avait une vraie envie d’ouvrir les portes d’une institution qui peut apparaître secrète pour les gens, et casser cette image sérieuse que peut avoir la Comédie-Française. » (Martin Darrondeau)
A aucun moment on ne voit que le film a été tourné en deux semaines, preuve que lorsque le scénario et les comédiens sont bons, on peut casser la barraque.