1ère comédie déconfinée Tout simplement noir, prometteur documenteur qui se mord la queue

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Co-réalisé par John Waw et Jean-Pascal Zadi, le film met à l’honneur ce dernier dans un faux documentaire. Durant 1h30, on assiste à l’organisation d’une manifestation contre la condition de l’homme noir ; l’homme noir avec un « h » minuscule.
Le film déroule une succession de rencontres plongeant des guest prestigieux dans leur propre rôle (Mathieu Kassovitz, Claudia Tagbo, Joey Starr, Fabrice Eboué etc.) dans des situations totalement incontrôlables voire ubuesques quand ça ne frôle pas le granguignolesque (la scène de Lucien Jean-Baptiste comme possedé, torse nu et brandissant un sabre en étant sans doute le meilleur exemple ). C’est souvent déroutant, parfois drôle. Les dents de Jean-Pascal Zadi n’y sont pas pour rien, lui conférant un air comique sans commune mesure.

Une auto dénonciation intéressante dans Tout Simplement Noir

En combattant le racisme, le protagoniste agit lui même comme tel : en excluant toute une partie de ce qui constitue l’Autre : la femme noire notamment, les autres minorités par ailleurs. En s’opposant à l’homme blanc, il agit à l’instar de ce qu’il dénonce et c’est sans doute ce qui est le plus intéressant dans le film. L’illustration du propos de Jean-Pascal Zadi, c’est donc d’incarner une forme de racisme dans la mise en oeuvre de sa marche contre ce fléau.

Tout Simplement Noir et ses pistes scénaristiques non exploitées

Une certaine déception toutefois quant à quelques scènes auxquelles on assiste seulement en tant que spectateur mais qui ne constituent pas le centre dramaturgique du film alors qu’elles méritaient un traitement fort (à mon sens).
Ces scènes arrivant vers le dénouement du film, on peut imaginer qu’elles n’ont été exploitées davantage pour ne pas en allonger la durée, ce qui est fortement dommage. Notamment sur une scène forte à la #blacklivesmatter qui justifiait tout le combat de notre protagoniste.
Malgré un fil pseudo conducteur grâce à son acolyte Fary, le film ne parvient pas à suivre ces pistes hors sketchs purs. On reste alors sur notre faim/fin.

Tout Simplement Noir, film pêle-mêle

L’ensemble du film réside donc dans le sketch, fort plaisant au demeurant mais en faisant le choix de le parsemer de touches dramatiques, on ne peut imaginer qu’elles ne soient davantage explorées. Bel exercice de style mais attention peut-être à ne pas vouloir tout y placer.
Ceci étant posé, ça ne nous empêche pas, évidemment, de passer un excellent moment, de rire et ne pas voir le temps passer. Mention spéciale enfin pour le générique final.
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