Telle mère, telle fille , une comédie (d)étonnante

affiche de telle mère telle fille

Dans cette comédie au titre faussement évocateur, Noémie Saglio dont c’est le premier long-métrage nous surprend par un ton délibérément libéré et des personnages au tempérament bien trempé et aux psychologies fort intéressantes.

Telle mère, telle fille : Juliette Binoche, Camille Cottin

Bien évidemment, la première joue la mère de la seconde, faut-il le préciser. Toutefois, leurs rôles s’arrêtent là dans l’incarnation : la fille est en réalité responsable de la mère, non seulement elle l’héberge, mais elle lui donne son argent de poche comme une ado, s’inquiète pour elle si elle ne rentre pas le soir etc. Bref, les rôles sont complètement inversés, vous l’aurez compris.

Le noeud dramatique du film repose sur la grossesse simultanée des deux personnages, mère et fille donc. C’est à partir de ce moment que tout change : celle au comportement de mère n’en peut plus de cautionner les agissements de la mère au comportement d’ado. Cette dernière est incarnée par une Juliette Binoche absolument (d)étonnante dans ce rôle qui lui sied à la perfection, et c’est à cela qu’on reconnaît une Actrice de sa trempe : elle ose tout, et cela lui réussit mieux que quiconque.

Des personnalités hautes en couleur

Ce film, c’est avant tout un camaïeu de personnages aux caractères très singuliers. A commencer par le père de Camille Cottin, incarné par Lambert Wilson, un chef d’orchestre de renommée internationale, divorcé de Juliette Binoche. Pour seul compagnon, son chien, JP alias Jean-Poil, un bagel malin aux attitudes d’humain. Question anthropomorphisme, on ne fait pas mieux.

Quant à la famille du compagnon de Camille Cottin, futur papa, on salue la performance de Catherine Jacob, mère frigide, rigide, rigoriste. Incarnant à la perfection la névrose accrue, elle détonne par un fantasque née de sa folie froide.

Un scénario globalement solide

Malgré une petite faiblesse sur l’absence a priori non crédible de l’un des personnages, on ne peut que saluer ce scénario dont le pitch est extrêmement simple à résumer mais dont toute la saveur réside dans l’épaisseur psychologique des personnages.

En bref, Noémie Saglio signe un premier film très prometteur qui ne peut que vous faire rire, et quoi de mieux dans le monde actuel franchement ?

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