Hugo retourne sur l’île chérie de son enfance pour y passer ses vacances, comme chaque été. Mais cette année, il a 19 ans, et s’il s’est délesté d’un bon nombre de kilos, il n’est plus seul. Sa petite amie, Queen, une esthéticienne dont la verve et les longs ongles strassés détonne avec la sobriété et la timidité du jeune homme. Rapidement, le couple devient l’objet de tous les regards, évidemment pas des plus tendres.
L’idée de départ ?
Le film vient d’un moyen métrage, Coqueluche, que j’avais tourné sur l’île de Bréhat. Le point de départ est le même, une fille qui rejoint son petit copain sur une île où il passe ses vacances depuis qu’il est petit, et comment le regard amoureux du garçon se transforme au contact de ses amis et de leur point de vue classiste. Je voulais refilmer cette histoire différemment, en donnant davantage de densité aux personnages que j’avais ébauchés. (Aurélien Peyre, réalisateur)
Les liaisons dangereuses en Atlantique
D’apparence, un teenage movie d’auteur autour des qui aime qui, qui convoitera la fille la plus populaire du lycée, ou en tous cas, la plus énigmatique : celle qui ne se laisse pas attraper si facilement. Naît finalement et progressivement un doux-amer parfum de Laclos. Pour notre plus grand bonheur évidemment.
Les héritiers, la dimension bourdieusienne
L’aspect social est à prendre en compte dans ce joli conte d’été. Hugo ne vient pas particulièrement d’un milieu aisé et Queen, encore moins, mais tous les autres, si. Queen fascine en ceci qu’elle est plutôt à l’aise, dans ce milieu qui n’est pas le sien et s’avère très intelligente.
Et tout ceci est basé sur un scénario d’une finesse folle. Filmé avec une tendre douceur amère, aussi. On ne peut qu’être cueilli, je crois.
Un jeu de comédien remarquable
Difficile de ne pas mentionner ici le jeu de Félix Lefèbvre, remarquable et remarqué dans un (autre) Été, chez Ozon en 35 cette fois.
Anja Verderosa (Queen) dont c’est le premier rôle au cinéma crève l’écran de ses ongles strassés et nail-artés. On lui espère une jolie carrière à la mesure de son talent.
Cette épreuve du feu ne l’a pas été cet été mais ne le sera certainement pas en cette rentrée maussade et froide : vite, du soleil dans nos coeurs, du fiel dans nos veines, un peu, parfois, surtout. C’était mon conte d’été en automne. Je ne l’oublie toujours pas car au fond, nos amours de vacances, on les garde dans un coin de notre tête et pour toujours. J’arrête ici la guimauve à la couleur de la robe vert filet-fluo de Queen. Donc.