Johnny , on t’aime !

SALAUD_ON_T_AIME_

 

Un tour de force

Claude Lelouch signe un retour en force, 4 ans après Ces Amours là. Au vu de la médiocrité du précédent, on redoutait un peu la qualité de son dernier film. Merveilleuse surprise. La qualité de l’intrigue et la prestation de ses acteurs y sont pour beaucoup (Hallyday, Mitchell, les 4 filles et Sandrine Bonnaire sont stupéfiants) mais on retrouve une patte propre au cinéaste, qu’il signe comme un clin d’œil dans chacun de ses films. Une sorte de profonde tendresse assortie d’un cynisme qui prête à sourire.

L’intrigue, c’est celle d’un grand photographe, reconnu par la profession, qu’incarne avec brio notre Johnny national. Le salaud du titre, c’est lui. Il a 4 filles de 4 femmes différentes, chacune porte le nom d’une saison-orginal, certes. S’il a été salaud avec les femmes, ce sont ses filles qui lui ont fait payé son attitude : il les voit très rarement. Las de cette situation, il décide de les convier dans le domaine qu’il a récemment acquis,  près de Megève. Son ami, Eddy Mitchell met en oeuvre tout un stratagème pour convaincre les filles de le rejoindre… Entre mensonges et retournements de situation, rien ne se passera comme prévu.

Une intrigue extrêmement bien ficelée

…Peut être trop. Le réalisateur nous livre un film qui pourrait en contenir deux ou trois… Si les rebondissements ne manquent pas, ils sont sans doute trop nombreux. Le spectateur va de surprises en surprises, de découvertes en découvertes. Le scénario aurait gagné en qualité si Lelouch avait retiré un élément d’intrigue.

Toutefois, ces rebondissements à répétition ne gâche en rien l’impression d’ensemble que nous laisse le film : une très belle révélation. On ne peut être qu’ému par ces personnages, avec leurs fêlures, leurs imperfections, toutes assumées, certaines revendiquées, mais jamais refoulées. Lelouch c’est aussi ça, peindre la nature humaine dans ce qu’elle a de plus tortueuse, de plus sombre aussi.

Johnny Hallyday au sommet

Si j’utilise beaucoup cette expression, c’est pour exprimer combien l’acteur est, selon moi, en phase avec son personnage. Ils ne font plus qu’un. Le rockeur devient un photographe au coeur tendre le temps d’un film, et tout le monde y croit. Au fond, on se demande s’il n’y a pas un peu de Lelouch et de Johnny lui-même dans ce personnage. Une célébrité qui n’a pas toujours su s’y prendre avec ses enfants. Bien sûr toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite…Sans doute pas.

Ce film c’est peut être ça, une sorte de pardon, une promesse de rédemption. Avouer ses torts, reconnaître ses faiblesses. La meilleure psychothérapie qui soit et ce pour le plus grand plaisir des spectateurs.

Quoi qu’il en soit, Lelouch n’est pas mort et nous le prouve (vive Lelouch !)

 

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