Un amour impossible, l’ultime opprobre

Virginie Efira et Niels Schneider dans "Un amour impossible"

On avait pu déjà goûter la grâce de Catherine Corsini dans La belle saison ou Trois mondes, c’est désormais avec Un amour impossible adaptė du roman éponyme de Christine Angot qu’on renoue avec sa délicate patte. 

Un amour impossible, une mère courage 

Virginie Efira incarne Rachel, une jeune femme des années 60 qui est bien dans sa petite vie tranquille de secrétaire d’un bureau en province de la sécurité sociale. Quand elle rencontre Philippe (Niels Schneider), elle découvre un monde qu’elle ne soupçonnait jusqu’alors. De bonne famille, lisant Nietzsche et prônant la liberté, Philippe bouleverse les certitudes de Rachel et grâce à lui, elle connaît un amour charnel et spirituel intense. Prête à tout pour vivre cette passion, elle accepte alors d’élever seule la fille qu’elle aura avec cet homme qui refuse de la reconnaître. 

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Tout au long du film, on assiste au chemin de vie d’une femme digne et volontaire. On ne peut qu’admirer la détermination et l’intelligence de Rachel, ce qui ne l’empêche pas pour autant de faits éminemment graves. 

Un amour impossible et l’inceste comme ultime attaque 

Tout au long de sa vie, Rachel s’attachera à ce que sa fille soit reconnue par son père et qu’elle porte son nom. Elle ne souhaite pas que cette dernière porte la mention d’un père inconnu sur son état civil. Cette quête obstinée la rendra aveugle quant aux agissements contre nature d’un père envers sa fille. Ce qui est formidablement expliqué à la fin du film et, à cet endroit c’est bien Angot qui parle, c’est que violer sa propre fille c’était le paroxysme de la honte, l’insulte suprême à la classe sociale à laquelle appartenait Rachel. Quoi de plus avilissant et quelle plus grande attaque faite à une mère quand un père viole leur propre enfant ? 

Quoi qu’on pense de Christine Angot, ce film ne peut décemment laisser indifférent. Pour moi, il s’agit définitivement d’un grand film incarné par de grands acteurs, tous autant qu’ils sont. La dignité et le courage de Virginie Efira, le cynisme et l’incarnation du mal par Niels Schneider. 

 

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