M’man, quelque chose de Hopper

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Ecrite par Fabrice Melquiot, cette pièce met en scène une mère, interprétée par Cristiana Reali, confrontée à un fils, joué par Robin Causse, qui tente, tant que bien que mal, de construire sa vie.

Une performance remarquable

Cette pièce repose d’abord sur la prouesse  de sa protagoniste. Cristiana Reali (à qui le blond va très bien). Elle nous livre une performance qu’on ne peut que saluer : en campant le rôle d’une mère fragile, malmenée par les hommes mais profondément amoureuse, elle nous éblouit et  incarne à la perfection cette mère courage.


Le fils prodigue 

M’ma c’est avant tout une relation mère/fils fusionnelle, presque incestueuse. On comprend que son fils est tout pour Brunella (C. Reali). En effet, Gaby (R. Causse) vit avec sa mère, part en vacances avec elle, fait tout avec elle. Quand il rencontre une femme, soudain c’est le drame. Au fond, cette pièce décortique avec pudeur les relations parents/enfant, homme/femme.

De nos protagonistes, on comprend la souffrance, le courage d’aimer, mais aussi celui de vivre coûte que coûte, de faire son chemin malgré le mal qui nous ronge.

robin-causse-et-cristina-reali dans M'man

Une mise en scène audacieuse

Cette pièce réussit le pari d’optimiser l’espace. Que ce soit dans les scènes d’appartement à la montagne comme celles de vacances à la mer en Italie, on nous donne toujours l’impression d’être dans  un espace fermé, les deux personnages étant confinés entre eux. La lumière évoque par ailleurs les tableaux de Denis Hopper. Grâce à l’ingéniosité de Charles Templon, qui avait déjà signé la mise en scène d’Axelle Lafont (voir l’article sur hypersensible), la pièce gagne en force. « Des idées, Charles en a plein, trop même » déclare Cristiana Reali, qui porte un regard tendre sur ce qu’elle nomme « la nouvelle génération de metteurs en scène ».

 

Au théâtre du Petit Saint Martin.

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