Le jour sans fin de Llewyn Davis

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Road trip d’un looser

Le dernier né des frères Coen suit un jeune homme désireux de vivre de son art, la folk music. Incroyablement doué, celui qui se surnomme Llewyn Davis est prêt à franchir tous les obstacles pour y parvenir.

Le chemin est toutefois semé d’embûches, et son parcours, jalonné d’obstacles. Sarcastique, notre héros décide d’en faire fi pour aller au bout de ses ambitions. S’il est extrêmement talentueux, il n’est guère dans l’ère du temps, les années 60. De refus en déconvenues, de portes fermées en barrières à l’entrée, notre protagoniste devra faire un choix : persévérer sans certitude de réussite, ou se résigner pour vivre une petite vie tranquille et enfin obtenir une situation stable.

Hopeless

Une atmosphère extrêmement pesante est présente tout au long du film des frères Coen. Nos personnages baignent dans des décors gris, où tout évoque la morosité ambiante. Le paysage est pareil à la psychologie du protagoniste, sombre et lugubre.

Outre la photographie, ce misérabilisme ambiant est présent dans le quotidien du jeune Llewyn Davis. Sans domicile fixe, il vogue d’appartements en appartements; il n’a même pas de quoi s’acheter un manteau alors que l’hiver s’abat sur New York. On ne le voit jamais se laver, se changer… Il mange peu ou pas… Sa famille se compose d’une soeur avec laquelle les rapports sont conflictuels-elle a un mode de vie totalement opposé au sien, très conformiste; son père est devenu grabataire dans une maison de retraite, incontinent et incapable de tenir une conversation. Les seules relations dont on a connaissance ont tourné au fiasco, pour la femme comme pour lui. Et enfin, celui avec lequel il formait un groupe s’est donné la mort en se jetant d’un pont. Comment croire en la vie après ça ?

Entre ennui et inertie

Le problème de ce film réside dans le manque d’intrigue. Le scénario se base sur la vie ratée du jeune Llewyn Davis. Or, on ne peut gagner l’intérêt des spectateurs avec aussi peu. Il manque une motivation scénaristique évidente.

Les frères Coen ont cherché à livrer à leurs spectateurs une produit beaucoup trop brut, il est impossible de faire un film en se contentant de suivre un personnage qui est sans cesse dans la fuite-de ses responsabilités, on apprendra qu’il a un enfant de deux ans dont il n’a pas eu connaissance.

En cherchant en permanence à atteindre quelque chose qui ne semble pas à sa portée, Llewyn Davis en oublie l’essentiel; et c’est précisément ce qu’on peut reprocher aux réalisateurs qui nous habitué à mieux. Ils ont fait un portrait mais pas un film…

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