Le fantôme de l’opéra : entre onirisme et fantasme

fantome

Adaptation du roman du même nom de Gaston Leroux, le fantôme de l’opéra est un film ambitieux qui nous plonge dans un univers où se mêlent tradition et modernité mais aussi rêve et réalité.

Le synopsis ? Anastasia (Deva Cassel) intègre le prestigieux Opéra de Paris en tant que danseuse suppléante. Alors qu’elle répète l’Orpheus, un opéra maudit qui aurait été composé par le Fantôme de l’Opéra, elle tombe sous le charme d’un intriguant répétiteur (Julien de Saint Jean).  Alors que la première représentation approche, surviennent des accidents inexpliqués. En proie à de troublantes révélations, Anastasia se trouve plongée dans une histoire d’amour impossible, à la lisière du réel et du fantastique.

Un univers résolument esthétique

Véritable point fort du film, l’univers dans lequel il nous plonge : celui de l’opéra de Paris où se mêlent des scènes de répétition du spectacle à des rencontres éthérées entre Deva et son mystérieux répétiteur. On est sans cesse dans cette alternance de réel et de fantasme. Entre rêve et réalité. Entre modernité et tradition.

L’esthétique des décors, des costumes, de la photographie contribuent à magnifier l’ensemble et faire de ce film un bel objet de cinéma qu’on ne saurait voir ailleurs qu’en salles. Son réalisateur, Alexandre Castagnetti, signe ici son film le plus ambitieux.

 

Une intrigue redoutablement efficace

Eprouvée par Gaston Leroux et tant d’adaptations passées, l’intrigue n’a pas pris une ride mais surtout, elle est mise au goût du jour par sa mise en scène et sa réalisation. On retrouve tout d’un scénario bien ficelé : le roman initiatique, l’histoire d’amour impossible, la rivalité, le danger.

En effet, Anastasia quitte sa Roumanie natale pour venir à Paris et intégrer son célèbre opéra. Elle doit à la fois se fondre dans cette nouvelle vie parisienne et se conformer à la difficile loi de l’Opéra.
La jeune danseuse tombe amoureuse de ce bel inconnu et vit avec lui une histoire à l’issue impossible.
En concurrence avec d’autre danseuses pour danser l’Orphéus, elle doit se battre pour gagner sa place, quitte à trahir ses proches.
Enfin, elle sera soumise à tous les dangers.

Crédit photo Emmanuel-Guimier-SND
Crédit photo Emmanuel-Guimier-SND 

Une interprétation au cordeau

Pour son premier grand rôle, Deva Cassel éblouit par sa prestance et sa justesse. Ses compagnons de danse sont tout autant convaincants : Axel Auriant, Laïka Blanc-Francard et Guillaume Diopp lui-même danseur professionnel à l’Opéra de Paris.
Julien de Saint-Jean quant à lui livre une partition loin d’être simple : être à la fois taiseux en fantôme de l’opéra tout en étant magnétique. Ce n’est pas parce qu’un rôle comporte peu de texte qu’il n’en est pas moins difficile à jouer. L’exercice est plus que réussi.
Il y a enfin Romain Duris, en prof tantôt sympa, tantôt sadique. On sent tout le plaisir qu’un comédien de sa trempe peut prendre à jouer des rôles finalement très éloignés de son registre passé.

En clair, le Fantôme de l’Opéra est un pur plaisir de cinéma, qu’on ne saurait laisser passer. A voir en salles pour lui rendre pleinement hommage.

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